L’effet placebo, un pragmatisme de l’esprit sur le corps, une réalité de plus en plus acceptée

Tous le monde à déjà entendu parler de l’effet placebo, cependant il reste considéré par la majorité de la population comme un simple effet ayant lieu dans le monde médical, un peu comme l’hypnose est souvent relégué aux illusionnistes que l’on va voir une fois par an. Pourtant, la réalité de cet effet est un paradigme s’appliquant à la vie de tous les jours. Donner une pilule à quelqu’un en lui disant qu’il ira mieux, et il ira mieux, même si la pilule n’a aucun agent actif. C’est souvent ainsi qu’est défini l’effet placebo. Une autre façon de le définir est le processus par lequel la croyance d’une personne définie la chaîne de réaction biochimique qui se produira sur un plan physique.

Longtemps, il a été considéré que l’effet placebo n’avait d’effet que sur un plan psychologique. Pourtant, de part l’étendue de la réalité du placebo dans le monde médical (au point qu’il est estimé que 50% des médecins américain prescrivent en secret des placebos à leurs patients) un nombre croissant d’étude est effectué pour comprendre et approfondir notre connaissance de ce mécanisme. Au canada, en 2001 et 2004 ont été effectué des tests sur des patients atteint de la maladie d’Alzheimer. Ce qu’il fut observé au long de l’étude, fut que les placebos avaient le même effet bio-chimique que le véritable médicament. En résumé, le fait que les patients s’attendaient à avoir une réaction particulière à la prise de médicament, les a poussé à provoquer eux même la réaction chimique (création de dopamine) permettant à leur corps de produire par lui même l’effet du médicament, sans la présence de celui-ci.

De plus en plus d’études sont conduites, menant toutes aux mêmes résultats. Réalisées en observant les réactions du cerveau sous IRM, il est depuis longtemps confirmé que l’effet placebo est directement lié aux zones attribuées aux attentes. Une étude du Colorado en 2011 a également observé que chez les patients répondant aux placebos, la zone gérant la douleur reste inactive, tandis que l’activité de l’ère engagée dans les émotions augmentait, suggérant non pas un blocage de la douleur, mais une réinterprétation de celle-ci.

Déjà plusieurs fois depuis le début de l’article, l’expression « chez les personnes répondant au placebo » a été employé, poussant la plupart des lecteurs à considérer cet effet tel je le disais au début, c’est à dire comme quelque chose de trop instable pour être réellement prit en compte. C’est d’ailleurs ce que font encore beaucoup de praticien dans le corps médical. Un peu comme pour l’hypnose, le placebo ne fonctionne pas de la même façon sur tous le monde. Pourquoi? Eh bien le placebo à sa contre-partie, l’effet nocebo, moins connu. Ce terme désigne exactement le même effet, mais pour décrire non plus une action positive, mais négative. Avec l’effet placebo, le patient ressent les bienfaits d’un médicament alors que rien ne lui a été donné; avec l’effet nocebo, il va ressentir des effets négatifs sans qu’aucune cause physique ne soit présente. Mais cela va plus loin que ça.

Dans une autre étude, décrite dans cet article, il a été démontré que le mécanisme placebo/nocebo peut fonctionner dans n’importe quel sens : Pour être capable de ressentir l’effet d’un puissant médicament sans même l’avoir dans le corps, pour doubler son effet d’action une fois celui-ci injecté, ou bien pour ne pas être capable de le ressentir alors qu’il est fortement présent. Tout dépend de ce que le patient à été amené à croire. D’où le fait que ce mécanisme n’est pas observé chez tout le monde. Sa présence et son effet dépendra uniquement des croyances du patient.

Au vue des dizaines d’études menées dans chaque pays, et de son action observée par les médecins du monde entier, il est évident que cet effet est bien réel. Alors une question s’impose, pourquoi, puisque l’homme est capable de générer par lui même les réactions des médicaments, n’a-t-il pas été capable de développer cette capacité pour se guérir lui même? Tout simplement, et tristement, car ce mécanisme est basé sur la croyance. Non pas simplement sur la pensée, mais bien la croyance et l’attente profonde de l’esprit. Et pour qu’un concept atteigne cette profondeur, quasi subconsciente,  il faut grandir avec, être éduqué avec, en avoir eu la preuve encore et encore, comme cela fonctionne durant les études où les placebos fonctionnent car les patients ont eu et grandi avec la croyance qu’un médecin et sa médecine est capable de nous soigner. Et pour ceux chez qui l’effet placebo ne marche pas, c’est car certains restent septique, appliquant donc sans le savoir un effet nocebo. Ce sont ces mêmes personnes pour qui même certains médicaments actifs n’ont pas les réactions attendus.

Un autre terme pour désigner ce genre de mécanisme est l’effet psychosomatique, ou somatisation. Cela désigne tout effet physique naissant simplement d’une cause psychologique. Notre esprit, par l’effet nocebo, la peur, le stress, est capable de créer des maladies, qu’elles soient bénignes ou mortelles, simplement par la force de l’esprit. Et au contraire, notre esprit est capable de guérir n’importe quoi simplement par le fait d’être convaincu de son propre pouvoir. C’est encore ce genre de processus que l’on peut observer via l’hypnose. Par la mise en transe d’un patient, les barrières conceptuelles s’effondrent et le contrôle sur l’esprit se décuple, permettant ainsi à l’esprit de se convaincre de ce qu’il peut faire, et de le réaliser. L’hypnose est aujourd’hui utilisé par certains chirurgiens pour remplacer les anesthésiques durant les opérations, ou même arrêter des hémorragies, tout cela simplement grâce au fait que chaque chose commence dans le cerveau, et que tout ce qui se passe dans le cerveau est régi par ce qui se passe dans notre conscience.

Alors peut-être serait-il temps de prendre en compte ce genre de paradigme. De prendre conscience que même au sommet d’une ère dominée par la science, dirigeant tous les dogmes, les croyances, et les remises en questions, que c’est la science elle-même qui commence à réaliser que l’esprit seul a tout pouvoir, car il est la source première de notre réalité individuelle en déterminant notre perception et chaque réaction chimique de notre corps. Imaginer une seconde vivre dans un monde où les enfants grandissent en apprenant que leur esprit est capable de ce pouvoir de positivité ou de négativité. Capable de guérir ou d’infecter. L’on aurait conscience du mal que les pensées et croyances négatives peuvent avoir sur notre santé, et à l’inverse, que la guérison peut venir de nous même. Voilà bien un discours digne d’un gourou new-age, je le reconnais, pourtant chaque concept décrit ici prend racines dans des centaines d’observations et études scientifiques.

Les désastres des maladies psychosomatiques sont observés tous les jours, tous comme les pouvoirs de l’effet placebo ou de l’hypnose. La physique elle-même se retrouve confronté a ce paradigme dérangeant de la conscience comme source de réalité. Alors à chacun de regarder autour de soi, de voir ces montagnes d’éléments qui pourront, petit à petit, changer notre conception du monde.

En plus des sources importantes placées tout au long du texte, voici d’autres liens vers la réalité du placebo :

  • Une étude de 2002 publiée dans « The New England Journal of Medecine », sur une les effets du placebo après une fausse opération chirurgicale. L’équipe divisa 3 groupes de patients atteint de sévère arthrose du genou. Les deux premiers groupes subirent deux procédures chirugicales standard, tandis que le troisième fut ouvert et refermé et réelle intervention. L’étude montre que le groupe placebo à eu une amélioration égale aux deux autres groupes, menant le chirugien impliqué dans l’étude à croire que ses talents n’avaient rien à voir dans ce type d’opération et que les effets des opérations pour l’arthrose du genou reposaient uniquement sur l’effet placebo. Source
  • Cette étude montre que les médicaments les plus prescrits contre la dépression n’apporte pas plus de bénéfice que des traitements placebo (qui eux n’ont aucun effet secondaire)
  • Deux études montrent que le comportement du médecin (chaleureux et empathique au lieu de froid et polis) joue un rôle déterminant dans les traitements des reflux gastriques ou du syndrome de l’intestin irritable. (Source et source )
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