Expériences de mort imminente? Les résultats de la plus grande étude médicale sur l’esprit humain et la conscience au moment de la mort

Traduit de l’article « Near death experiences? Results of the world’s largest medical study of the human mind and consciousness at time of death. » Science Daily. < http://www.sciencedaily.com/releases/2014/10/141007092108.htm >

Note du traducteur : En guise d’introduction, je tiens à donner une définition du concept central de cette étude. Il est ici question « d’expérience de mort imminente », ou « near death experience » en anglais. Ce concept sert à décrire l’expérience vécue par une personne, qui après avoir été déclaré morte (arrêt des organes nobles) puis réanimée, est capable de décrire ce qui s’est passé, par exemple dans la salle d’opération dans laquelle sont corps se trouvait, ou encore pouvant rapporter les paroles des médecins, etc., alors qu’elle était déclaré morte. L’étude qui suit se concentre sur ce cas précis, c’est à dire la capacité à se remémorer des évènements qui n’avaient pas pus être vécu.

Les résultats d’une étude internationale de quatre années sur 2060 cas d’arrêt cardiaque à travers 15 hôpitaux rapportent les conclusions suivantes. Les thèmes relatifs à l’expérience de la mort apparaissent beaucoup plus large que ce qui avaient été compris jusqu’ici, ou comme ce qui a été décrit comme des « expériences de mort imminente ». Dans certains cas d’arrêts cardiaques, la mémoire d’une conscience visuelle compatible avec une « expérience de mort imminente » peut correspondre à de véritable évènement. Une plus grande proportion de personnes peuvent avoir de vives expériences de leur mort, mais ne s’en rappel pas à cause de lésions cérébrales ou de sédatifs ayant agis sur le circuit mémoriel. Bien que largement utilisé et scientifiquement imprécis, des termes comme « expérience de mort imminente » ou « expérience hors du corps » peuvent ne pas suffire à décrire la véritable expérience de la mort. Les souvenirs en relation avec la mort, appelés expérience hors du corps ou expérience de mort imminente, sont des phénomènes souvent discutés et fréquemment considérés comme de nature hallucinatoire ou illusoire. Cependant, les études objectives sur ces expériences sont limitées.

En 2008, une étude à grande échelle impliquant 2060 patients de 15 hôpitaux à travers le Royaume Uni, les États Unis et l’Autriche a été lancé. L’étude AWARE (pour AWArness during REsuscitation, c’est à dire « conscience durant la réanimation »), parrainée par l’Université de Southampton au Royaume Unis, a examiné un large éventail d’expériences mentales en relation avec la mort. Les chercheurs ont également testé la validité des expériences conscientes en utilisant des marqueurs objectifs pour la première fois dans une grande étude, afin de déterminer si les allégations de conscience compatible avec des expériences hors du corps étaient reliés à des évènements réels ou hallucinatoires.

Les résultats de cette étude ont été publié dans le journal Resuscitation (Réanimation).

Le Dr Sam Parnia, professeur adjoint de médecine de soins intensifs et directeur de la recherche sur la réanimation à l’Université d’état de New York à Stony Brook, USA, et auteur principal de l’étude, explique: « Contrairement à la perception, la mort n’est pas un moment précis, mais un processus potentiellement réversible qu survient après une maladie ou accident grave, et qui cause un arrêt du cœur, des poumons et du cerveau. Si des tentatives pour inverser ce processus sont réussies, l’ont y référera comme un « arrêt cardiaque »; cependant, si ces tentatives échouent, l’on appellera cela la « mort ». Dans cette étude, nous voulions aller au-delà du terme « d’expérience de mort imminente », encore mal défini et fortement chargé émotionnellement, afin d’explorer objectivement ce qui se passe quand nous mourrons. »

39% des patients qui ont survécu à un arrêt cardiaque et ayant été en mesure de se soumettre à des entretiens structurés, ont décrit une perception consciente, mais il est intéressant de voir qu’il n’avaient pas de souvenir explicite des évènements.

« Cela suggère que plus de gens peuvent avoir, initialement, une activité mentale, mais la perde ensuite de leur mémoire (note du traducteur : de leur mémoire consciente. Il pourrait être intéressant de soumettre ces patients à l’hypnose pour retrouver leur expérience oubliée), soit en raison des effets de lésions cérébrales soit par l’effet de sédatifs, agissant sur le rappel de la mémoire », explique le Dr Parnia, qui était un chercheur honoraire à l’université de Southampton au début de l’étude AWARE.

Parmi ceux ayant déclaré une perception consciente et complété davantage d’interviews, 46% ont expérimentés un large éventail de souvenir en rapport à la mort qui n’étaient pas compatible avec le terme couramment utilisé de EMI (expérience de mort imminente). Elles incluaient des expériences de peurs et de persécutions. Seulement 9 % ont eu des expériences compatibles avec les EMI et 2 % ont montré une conscience totale compatible avec le concept d’expérience hors du corps, incluant explicitement une mémoire « visuelle » et « auditive » des évènements.

Un cas a été validé et chronométré en utilisant des stimuli auditifs pendant un arrêt cardiaque. Le Dr Parnia conclu : « Ceci est important, du fait qu’il a souvent été assumé que ces expériences relatives à la mort étaient probablement des hallucinations ou des illusions, survenant soit avant que le cœur ne s’arrête, soit après que le cœur ai été redémarré avec succès, mais jamais comme une expérience correspondant à de « réels » évènements ayant lieux durant l’arrêt cardiaque. Dans ce cas, la conscience et la sensibilité semblent se produire pendant une période de trois minutes quand le pouls a cessé. Ceci est paradoxal, puisque le cerveau cesse normalement de fonctionner dans les 20 à 30 secondes après que le cœur ait cessé de battre, et ne repart qu’une fois que celui-ci se soit remit à battre. Et de plus, les souvenirs détaillés de ce cas étaient compatibles avec des évènements vérifiés. Ainsi, bien qu’il ne soit pas possible de prouver absolument la réalité ou la signification des expériences des patients (en raison de la très faible incidence – 2% -d’un rappel explicite d’une conscience visuelle ou « hors du corps »), il est aussi impossible de les désavouer. De toute évidence, l’expérience du souvenir de la mort mérite désormais une véritable enquête sans a priori. »

(…)

Le Dr Jerry Nolan, Editeur en Chef du magazine dans lequel a été publié l’étude, déclare :  » Les chercheurs de l’étude AWARE doivent être félicité pour l’achèvement d’une étude fascinante qui va ouvrir la porte à des recherches plus approfondies dans ce qui se passe quand nous mourrons ».

Source : University of Southampton. « Near-death experiences? Results of the world’s largest medical study of the human mind and consciousness at time of death. » ScienceDaily. ScienceDaily, 7 October 2014. <www.sciencedaily.com/releases/2014/10/141007092108.htm>.

Comme préciser dans la petite note d’introduction, l’étude fait suite aux phénomènes de plus en plus connus durant lesquels une personne, ayant vécu un arrêt cardiaque, se rappel avoir « vu » et « entendu » ce qui se passait autour d’elle alors que son corps était médicalement mort. Un certain nombre de scientifique tentaient d’expliquer ce phénomène par le fait que même après l’arrêt du cœur, le cerveau, encore irrigué, peut continuer d’enregistrer des stimulus auditifs ou visuels. Mais comme préciser dans l’étude par le Dr Parnia, les cas ayant montrés ce phénomène se produisaient durant une période de temps où il est avéré que le cerveau a cessé de fonctionner.

Je rapporterais aussi que dans cette étude, les chercheurs ne se sont intéressé qu’aux cas où les souvenirs des patients réanimés décrivaient ce qui était arrivé durant leur arrêt cardiaque. C’est pour cela que sur les 2060 cas, si peu correspondent aux critères attendus. Pourtant, 64 autres ont bien ramené des souvenirs de choses vécus durant leur « mort », mais ils ont été écarté car différent. Parmi ces cas, sept thèmes étaient récurrent : la peur; les animaux/plantes; une lumière brillante; une violence/persécution; un déjà-vu; la famille; et enfin les souvenirs post-mortem.

Pour être plus explicite par rapport aux chiffres et pourcentages, 39 % des 2060 cas ont rapporté une perception consciente, soit 803 patients. Parmi ces 803 patients, seuls 140 ont pus se remémorer les évènements. Parmi ces 140 ayant ainsi pu passer la première phase d’interview, seuls 3 cas ont collés aux critères attendus. C’est le cas ayant présenté le plus de facteurs vérifiables et aux souvenirs les plus précis qui fut décrit dans cet article.

La méthodologie scientifique veut que si une expérience n’est pas unanime et répétable, alors elle soit fausse soit incomplète. Ce que cette étude prouve, c’est que peu importe le nombre de patient rentrant dans un cas ou dans l’autre, la conclusion globale est qu’en raison de ces résultats inconsistants, aucune théorie médicale ou scientifique actuelle ne permet de rendre compte du phénomène, et ainsi de la réalité de la « mort ». Je rejoins donc le Dr Parnia sur la nécessité d’approfondir la recherche sur le sujet. Évidemment, quand une théorie se trouve réfutée, un scientifique se doit d’en élaborer une nouvelle. Puisque le sujet consiste à expliquer comment un esprit peut rapporter des évènements survenus après l’arrêt des mécanismes physiques qui lui aurait permis de les enregistrer, je pencherais pour compléter la recherche avec des approches de physique quantique et de bioénergétique. Cela a d’ailleurs été tenté par Robert Lanza, et expliqué ici, et aussi par Maureen Venselaar, dans un article où elle développe chaque phase du phénomène EMI en l’expliquant par des recherches actuelles (et en citant convenablement chaque source) de biologie, physique, physique quantique ou astrophysique.

Enfin, pour plus d’information, voir cet article. Il explique que la croyance en la nature hallucinatoire des EMI vient de Olaf Blank, et de deux papiers écrit par ses soins en 2002 et 2005, dans lesquels il clame comme explications des distorsions dans les fonctions cérébrales. Ces papiers avaient été largement repris par les médias, qui avaient fortement exagérer ses résultats. Les recherches de Blank ont d’ailleurs été réfutés par plusieurs experts des EMI en 2009. L’article décrit ensuite différentes recherches conduites sur le sujet, dont la précédente grande étude effectuée en 2001, par le Dr. Pim van Lommel de l’hôpital Rijnstate aux Pays-Bas. Menée sur une période de 13 ans, elle regroupait 344 survivants à travers 10 hôpitaux et dont 18% avaient des souvenirs de leur expérience, d’après les mêmes critères que dans l’étude du Dr Parnia (c’est à dire une perception terrestre et vérifiable d’évènements vu d’un point extérieur au corps et imperceptible depuis le corps physique).

Pour les non anglophones, voir l’article de l’Obs, écrit par l’anesthésiste-réanimateur Jean-Jacques Charbonnier, partageant ses propres conclusions après une vie de recherche.

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2 réponses à “Expériences de mort imminente? Les résultats de la plus grande étude médicale sur l’esprit humain et la conscience au moment de la mort

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