Quand les scientifiques tentent des théories quantiques de l’âme

On ne voit pas ça tous les jours, donc je pense que cela peut mériter un article.

D’abord, les communautés scientifiques ont été secouées avec la théorie du bio-centrisme de Robert Lanza. Largement réputé pour ses travaux en biologie cellulaire, ses percées avec les cellules souches, le clonage et autres domaines innovants, il fut d’après le New York Times l’une des 100 personnes les plus influentes encore en vie. Robert Lanza publia en 2007 ce qu’il considère comme le fruit d’une vie. Sa théorie du biocentrisme tente de couper court aux débats entre science et spiritualité en théorisant le concept de l’âme grâce aux nouvelles découvertes en physique quantique et biologie.

D’après lui, l’univers n’est qu’une illusion, crée par notre esprit, tout comme l’espace et le temps sont réduit à des perceptions sensorielles animales. Il soutient, comme le font d’autres scientifiques, que la réalité n’est que l’expression d’un champ d’information quantique constamment modifiée par son interaction avec notre conscience. Son essai, publié par l’American Scholar et l’ACT, a fait naître toute sorte de réaction chez ses collègues et physiciens. Après le communiqué de l’ACT, des penseurs religieux, biologistes et physiciens ont loués l’essai en disant que c’était « un dramatique renversement Copernicien » et « que [cette théorie] est certaine de révolutionner nos concepts des lois de la nature pour les siècles à venir. » E.Donnall Thomas, lauréat du prix Nobel de médecine en 1990, écrit à propos du travail de Lanza : « Toute courte déclaration ne rendrait pas justice à un tel travail scientifique. (…). Son travail est une considération académique de la science et de la philosophie, qui amène la biologie au centre pour tenté d’unifier le tout. »

D’autres scientifiques ne furent pas autant enthousiasmé par l’idée du bio-centrisme. Les physiciens ne voient pas une théorie comme le font les philosophes. Pour un physicien, une théorie doit être un modèle prédisant des résultats. Pour certains, ce qu’il manque à la théorie de Lanza, ce sont des suggestions d’expérimentations capable d’affirmer sa théorie, bien que d’après Lanza, les preuves ont déjà été apporté par d’anciennes expérimentations, ou le sont par d’autres encore en cours. Il cite entre autre les travaux fait autour des fentes de Young, dans lesquels une particule peut se comporter soit comme une onde, soit comme une particule, selon si on l’observe ou non. D’après Lanza et d’autres physiciens, la seule raison pour laquelle une particule peut se comporter ainsi ( être une onde et donc à deux endroits en même temps si l’on ne l’observe pas, ou redevenir une particule en étant observé) est que la réalité est crée par la conscience, et non pas l’inverse.

D’après le physicien Arthur Zajonc, le travail de Lanza n’est pas une nouvelle théorie, car la plupart de ses arguments ont déjà été avancé par d’autres scientifiques au cours du siècle passé. Le propre travail de Zajonc est en plus lié à l’idée de Wheeler appelée le choix retardé, théorie très utilisé dans la thèse du du bio-centrisme. Dans cette expérience de Wheeler, qui avait d’abord été conçu comme une expérience de pensée mais a depuis peu pus être vérifié en laboratoire, le temps semble couler à l’envers. La décision d’observer ou non une particule de lumière va affecter comment elle s’est comportée au préalable. Zajonc pense donc lui aussi que les questions soulevées par Lanza sont importantes, car  » le rôle de la subjectivité est trop souvent rejeté, même aujourd’hui », dit-il.

D’après le philosophe Daniel Dennett, le travail de Lanza ne peut pas non plus être considéré comme une théorie philosophique, car il ne va pas assez loin dans l’explication du fonctionnement de la conscience, ou de comment celle-ci influence l’univers. Lanza considère surtout son travail comme un challenge, et un appel aux armes. Ce qu’il a voulu faire est une description d’une théorie scientifique, afin que d’autres experts le rejoignent pour s’ouvrir à ces possibilités, en arrêtant de rejeter les conclusions métaphysiques des expérimentations quantiques.

Et en 2012, deux éminents scientifiques se sont eux-aussi essayé à la tâche.. Le Dr Stuart Hamermoff, professeur émérite au département d’anesthésiologie et de psychologie à l’Université d’Arizona, et le très brillant physicien Sir Roger Penrose, ont élaboré une théorie de l’âme. D’après eux, l’essence de l’âme serait contenu dans des structures appelées microtubules, situées à l’intérieur des cellules cérébrales. Ils considèrent que l’expérience de la conscience est le résultat de l’effet d’une gravitation quantique sur ces microtubules. Leur théorie, appelée orchestrated objective reduction (Orch-OR) décrit l’âme non pas comme la simple interaction des neurones, mais comme des composants primaires de l’univers, ayant pu existé depuis l’aube des temps. D’après cette perspective, quand l’on meurt, les microtubules perdent leur état quantique, mais ne pouvant être détruit, retournent au cosmos. Les auteurs considèrent donc que cela explique entre autre le phénomène de mort imminente, car en étant réanimé, l’information quantique relâchée par les microtubules réintègre le corps, et donne à la personne son expérience de mort imminente. « S’ils ne sont pas ressuscité, il est possible que l’information quantique puisse exister en dehors du corps, peut être indéfiniment, en tant qu’âme », explique le Dr Hamermoff.

Évidemment, leur théorie aussi fut critiqué par leur compères, car trop peu d’expériences empiriques peuvent confirmer de manière indéniable les théories du biocentrisme ou Orch-OR, bien que de très nombreux éléments peuvent aussi les soutenir. Dans les deux théories, l’âme est une sorte de conglomérat d’information quantique qui par définition ne peut être détruit. Comme l’explique Robert Lanza, le phénomène de réincarnation prendrait son sens par les nombreuses théories de multivers. De nombreux physiciens considèrent que le temps, au même titre que l’espace, ne sont effectivement que des illusions, et que la mécanique quantique ou la théorie des cordes suggèrent qu’il peut exister une infinité d’univers se déroulant simultanément. L’âme, comme décrite par Lanza ou Penrose, pourrait alors en « quittant » en corps, en réintégrer un autre, dans l’un des multiples univers décrit par la science moderne.

Ces théories, que certains peuvent voir comme scientifico-religieuses, sont des tentatives compliquées (et ici vastement vulgarisée) d’ouvrir la science moderne aux perspectives philosophiques que les nouvelles découvertes permettent de percevoir, et dans le même temps d’expliquer les nombreux phénomènes encore inexpliqués par les courants dominants. D’après moi, ce sont là de nobles efforts quand l’on voit la difficulté qu’à le monde scientifique à sortir d’un conditionnement de plus de six siècles, et leur travaux méritent au moins une approche respectueuse et un approfondissement appliqué.

Sources :

Sur la théorie de Hamermoff et Penrose :

Daily mail ou News.com

Sur Robert Lanza

« La mort est une illusion » sur ce blog

Forbes

Psychology Today

Une vidéo youtube de Lanza sur le bio-centrisme

Le site officiel de Robert Lanza

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