Le coeur néolithique des Orcades

Bien que d’incroyables témoignages néolithiques et de magnifiques restes mégalithiques peuvent être admirés dans le monde entier, l’Europe y a une place centrale. Et parmi les innombrables témoignages européens, le Royaume-Unis a une place prépondérante. De l’Angleterre à l’Irlande, les cromlechs, tumulus et autres henge pullulent. Certains sont plus connus que d’autres, comme Stonehenge ou Avebury, mais pourtant beaucoup reste dans une ombre toute relative.

L’Écosse n’est pas en reste et dispose d’une quantité impressionnante de ces témoignages, bien trop pour seulement pouvoir les citer. Pourquoi ne pas nous fixer alors sur ce qui a été défini comme le « cœur néolithique des Orcades »? Les Orcades (Orkney en anglais), c’est un archipel au Nord de l’Écosse. Et sur son île principale, intelligemment nommée Mainland, l’on y trouve les quatre sites principaux : Maeshowe, les pierres levées de Stenness, Skara Brae et le cercle de Brodgar. De part leur conservation, leur datation ou leur stature, ils se sont imposés comme les sites principaux d’un lot bien plus vaste de restes mésolithique et néolithique très épars.

La région, habitée depuis 8500 avant J.C., abrite les sites parmi les mieux préservés et plus vieux d’Europe.

Maeshowe

Maeshowe est une chambre néolithique de type cairn à laquelle on accède par un couloir de 9 mètres. Située sous un tumulus, l’ensemble mesure aujourd’hui 7 mètres de haut pour 35 mètres de diamètres. Au bout du couloir, l’on débouche sur un hall d’environ 5 mètres carrés ayant sur chacun de ses trois côtes restant un accès donnant à trois chambres. A l’instar des pyramides Égyptiennes, Maeshowe est vu comme une tombe (une sépulture collective en raison des trois chambres), mais tout comme celles d’Égypte, aucun corps humain n’y a été retrouvé, mise a part un bout de mâchoire, aux cotés d’ossement de cheval. Bien que cela soit peu pertinent en raison de l’énorme scepticisme qui l’entoure, nous pouvons évoquer une actualité étrange de l’époque des premières fouilles qui mentionne la découverte de 3 corps : deux momies de femmes ainsi que le corps d’un homme de trois mètres. Cette étrange infos fait aussi écho à une description de 1527 sur la découverte dans une tombe de la région, et peut-être même celle de Maeshowe, d’un homme de presque 4 mètres. Néanmoins aujourd’hui, aucun véritable reste n’a été affirmé, et le statut de tombe est aussi subjectif que pour l’ensemble des pyramides Égyptiennes.

D’ailleurs, d’après les illustrations datant de la première excavation en 1861, le mont était beaucoup plus conique, semblant donc s’être affaissé depuis le temps, et laissant donc certain croire à une forme quasi pyramidale à sa création (d’autant plus que le toit a été cassé plusieurs fois par des pilleurs/visiteurs, rendant la taille exacte impossible à connaitre). En ce qui concerne l’intérieur, les blocs de pierres vont jusqu’à 30 tonnes, avec des figures architecturales complexes, comme le toit en encorbellement (ou du moins ce qui en restait avant d’être restauré). L’ensemble est entouré par un fossé de 150 mètres de diamètre. Des théories ont suggérées que le tumulus et les « tombes » ont été construites sur les restes d’un plus vieux cercle de pierres, dont quelques unes ont été utilisées pour faire les piliers du hall central.

Mais la caractéristique la plus connue reste l’alignement avec le solstice d’hiver. L’entrée du couloir faisant face au sud-ouest, elle est alignée avec le lever du soleil au solstice et laisse entrer les rayons qui viennent ainsi frapper le mur face au couloir et l’accès d’une des chambres.

Les pierres levées de Stenness

Les pierres o’Stenness sont les restes d’un cercle situé non loin de Maeshowe. Il n’en reste aujourd’hui plus que quatre sur un cercle en ellipse qui devait en compter une douzaine. Allant jusqu’à 6 mètres de haut pour seulement 30 centimètres d’épaisseurs, ce qui en reste suffit tout de même à impressionner.

Comme pour Maeshowe (ou le cercle de Brodgar que nous verrons plus tard), le site est construit sur une plateforme de terrain nivelé. Et lui aussi est entouré d’un fossé, ici de 44 mètres de diamètre, avec son entrée au nord.

Au centre de l’ancien cercle de pierre se trouve les restes de ce qui a pu être considéré comme un autel. Après plusieurs mouvements de ces pierres pour le reconstruire, il a finalement été remis en place (aussi car rien ne venait affirmer que c’était un autel), et l’on peut le voir aujourd’hui comme deux pierres disposées en parfait angle droit, et dont l’encart, en y regardant depuis le centre du cercle, donne précisément sur Maeshowe situé non loin derrière. Cette coïncidence vient s’opposer à la théorie de l’autel pour établir un symbolisme reliant les sites via un type de portail.

Skara Brae

Après une « tombe » et un « cercle », nous arrivons à un « village ».

C’est après une énorme tempête à l’hiver 1850, que la combinaison de la marée et du vent est venu gratter la surface d’un large mont, révélant des formes de bâtiments en pierre. L’excavation de Skara Brae avait commencé.

Considéré comme un des villages néolithique les mieux conservés, son histoire reste très tumultueuse. L’ont peut y trouver aujourd’hui huit maisons d’environ 40 mètres carrés chacune, disposant toutes d’un foyer et d’inattendus meubles en pierre, comme des armoires, des lits, des sièges et des commodes ! Le village disposait aussi d’un ingénieux système de canalisation permettant à chaque logement de disposer de toilette primitive. Des portes de pierres fermant par une barre s’encastrant dans des trous spéciaux venaient conclure le confort et l’intimité de ces petites maisons.

Le cercle de Brodgar

Finissons avec ce qui doit être le site de plus connu du lot.

Formant un vrai cercle de 104 mètres de diamètre (et donc aux dimensions très proches des cercles internes d’Avebury de 98 et 108 mètres), il ne reste que 27 des supposées 60 pierres qui devaient exister. Comparé aux 6 mètres de Steness, celles du cercle de Brodgar font triste mine. Seulement 2 à 5 mètres de haut.

L’accès de cet impressionnant cromlech se fait par deux entrées, situées au nord-est et au sur-est. Oui, l’alignement cardinal est toujours présent, à défaut d’un alignement astronomique.

Il faut aussi voir tout ces sites comme un immense réseau. D’anciennes routes relient nombre des sites néolithiques de Grande-Bretagne, l’une d’entre elle allant justement de Skara Brae à Maeshowe en passant par le cercle de Brodgar et Steness. Comme expliqué dans l’introduction, ces quelques sites ne sont que des étoiles brillant un peu plus dans la constellation des restes néolithiques de la région. L’image n’est pas seulement poétique, puisqu’il a déjà été fait un rapprochement entre le placement de certain sites et la constellation d’Orion. Tout comme le rapprochement a souvent été fait entre la disposition des Pyramides d’Égypte (encore elles) et la ceinture d’Orion, la même chose a été avancé avec les cercles de Bookan, de Brodgar et de Stennes.

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