Notre deuxième cerveau, quand c’est nos tripes qui tiennent les rênes

Oui, tout le monde ne le sait pas, mais l’on dispose tous de ce que certain appelle un « deuxième cerveau »: notre système nerveux entérique.

Les neurones, que beaucoup considèrent limités à notre cerveau, sont en vérité des cellules composant l’ensemble de notre système nerveux. Et en ce qui concerne notre système entérique, le nombre de neurones s’élève à près de 500 millions. Cela peut paraître très peu à côté des 85 milliards composant notre cerveau principal, mais cela reste six fois plus élevé que le cerveau d’une souris (mais aussi deux fois moins que le cerveau d’un chat). Et avec le temps, les recherches ont montrés que les liens et communications reliant ce cerveau entérique à notre cerveau principal sont bien plus nombreux et important que l’on croyait.

Les expressions populaires l’ayant toujours suggéré sont pourtant nombreuses. « Prendre aux tripes », « avoir un nœud au ventre », « avoir des papillons dans l’estomac », « avoir l’estomac bien accroché », et j’en passe, font toute référence à un phénomène réel, et dont les ramifications commencent à peine à être approfondies. L’expression anglaise « gut feelings » serait même peut être la plus directe en ce qui concerne cette fonction méconnue de ce cerveau relégué à l’arrière plan.

Deux réseaux gèrent leur communication. L’axe cerveau-intestin, et l’axe hypothalamus-pituito-surrénal. C’est deux liens permettent des échanges d’informations via neurones et hormones. Le système entérique, bien qu’ayant d’immenses fonctions et responsabilités, a aussi une énorme influence sur nos émotions. Quand vous vous retrouvez face à une situation de stress, ce sentiment qui vous prend aux tripes est la démonstration de ces connexions. C’est votre système nerveux entérique qui est le premier à réagir. Et cette réaction passe par deux réseaux avec lesquelles il est constamment en communication, les systèmes sympathique et parasympathique. Ces deux systèmes sont constamment en balance pour réguler l’activité du corps (rythme cardiaque, respiration, digestion etc.), l’un s’activant pour accélérer les choses, l’autre pour le ralentir, selon l’interaction avec l’environnement et les besoins qui en découle. L‘impact du stress et des émotions sur le corps est donc énormément basé sur ces systèmes, ainsi que ce qui peut les réguler (cf utilisation du nerf vague).

Il faut savoir que ce système entérique produit autant de dopamine que le cerveau, et 95% de la sérotonine totale. La dopamine, connue comme « l’hormone du bonheur », est aussi responsable de la sensation de satiété. La sérotonine, quant à elle, est depuis longtemps connue pour avoir un immense impact sur la vie mentale. Un déséquilibre de sérotonine cause stress, anxiété, peur, etc. Cependant, son rôle est bien plus grand puisqu’elle gère aussi la température corporelle, le sommeil, la réparation des cellules du poumon et du foie, le fonctionnement du cœur, la densité osseuse, etc. Vous commencez donc à avoir une petite idée du rôle central de ce « deuxième cerveau ».

Mais ce n’est pas tout, car la multitude d’action géré par ce système a aussi un immense impact sur l’écosystème qu’il abrite, la flore microbienne. Là encore, c’est tout un monde qui commence seulement  s’ouvrir à la science. De nouvelles recherches montrent que notre cerveau n’est pas seulement « conscient » des microbes vivant dans nos intestins, mais que ces bactéries peuvent influencer notre perception du monde et notre comportement. Certain ne l’aurait jamais imaginer, mais ces petites bêtes avec qui l’on vit en symbiose influencent certes notre biologie, mais aussi notre esprit ! Par exemple, ce sont eux qui influence la production de sérotonine. Ce sont aussi eux qui sont responsable du plaisir et des envies de gras, par l’envoie de dopamine quand ils en reçoivent. Et évidemment, cette fameuse flore intestinale et ses millions d’organismes qui y vivent sont en étroite relation avec l’environnement, et principalement notre alimentation.

Ce dont les chercheurs prennent aujourd’hui conscience, c’est de l’inter-connectivité neuronale et biochimique, encore plus importante et profonde que l’on pensait, qui a lieu à l’intérieur de notre corps, tout comme l’existence de liens corps-esprit encore ignorés jusqu’ici. Les découvertes sur les liens entre environnement, alimentation, intestin et cerveau vont modifier l’approche des traitements en ce qui concerne les troubles mentaux.

Pour ce qui est du reste d’entre nous, l’on comprendra un peu plus nos étranges réactions face à des situations émotionnelles. Notre cerveau n’est pas le seul, ni le premier à avoir son mot à dire dans la gestion de nos émotions.

Sources

Gut Feelings–the « Second Brain » in Our Gastrointestinal Systems. Scientific American

Un cerveau dans vos entrailles. Sciencepresse

Les bactéries de la flore intestinale. Nutrition Insitute

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